Episode 2: le gars d’Etoudi

Episode 2 : Le gars d’ETOUDI

Voici ENFIN l’histoire avec ce fameux « type bien, intelligent et respectueux» avec qui, selon Gladys  j’ « irai tellement bien » que je vous promets depuis le premier épisode de mes chroniques.

J’avais pris le taxi pour Etoudi, un quartier situé au Nord de la ville. Avec les bouchons, le mauvais état des routes et la distance, je devais compter au moins quarante minutes en voiture à vitesse moyenne de 30 km/h avant d’arriver chez le « type bien ». Cependant avant que je ne continue le récit il faut tout de même que je vous fasse une petite précision géographique à propos du quartier Etoudi, (en supposant que tous mes lecteurs ne sont pas habitants de la ville de Yaoundé et donc ne savent pas très exactement de quoi il s’agit).  Vous comprendrez le but de cette précision un peu plus tard dans le récit.

Etoudi, comme je l’ai dit plus haut, est un quartier au Nord de la ville,  j’ai pris le soin de joindre un plan de la ville de Yaoundé pour que vous voyiez d’une manière globale la distance qui sépare Etoudi de mon quartier (la Cité-verte). Regardez bien la distance, vous comprendrez son importance dans la suite de l’histoire.

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Dans le taxi  qui m’amenait chez « le type bien » je vérifiai une dernière fois ma mise en beauté dans un petit miroir de poche qui ne me quittait jamais. J’étais assez satisfaite du résultat, moi qui d’habitude n’étais pas très douée dans ce domaine-là j’avais réussi à me faire une bouche pulpeuse et sensuelle qui aurait pu rendre jalouse plus d’une.

Le soleil était plutôt clément ce jour-là, ce qui était étonnant pour une saison qui se voulait estivale. Il faisait doux au dehors et un bon vent frais soufflait sur la ville. C’était une belle journée, même les embouteillages devenus légendaires de Yaoundé n’auraient pas pu me faire penser le contraire. Tandis que le taxi s’approchait peu à peu de ma destination, une montée d’adrénaline envahissait mon être et une boule d’impatience se formait dans mon ventre. De ce « type bien » je n’avais vu qu’une photo et je dois vous avouer que j’avais tout de suite été conquise.

C’était un bel homme et c’est peu de le dire. Il était grand et avait des muscles à faire pâlir même  les plus prudes (je le sais car la photo que Gladys m’avait montrée le montrait torse nu sur une plage au Sud du pays). Il avait un sourire charmeur, un regard d’enfant qui le rendait on ne peut plus adorable. J’étais d’autant plus excitée par ce rendez-vous parce que nous n’avions pas une seule fois parlé de nous, il avait insisté pour que nous le fassions à notre rencontre, les seules choses que nous nous étions dites concernaient le lieu et l’heure du rendez-vous, c’est-à-dire samedi dans son appartement à 15 heures. Je trouvais cette attitude un peu bizarre pour tout vous dire mais cela apportait un certain mystère autour de sa personne qui ne me déplaisait guère.

Après une quarantaine de minute passé sur la route, le taxi m’avait finalement laissé au lieu-dit « shellEtoudi », une station-service où mon mystérieux « type bien » était supposé venir me chercher. Je descendis du taxi et donnai quatre pièces de 100F CFA au taximan en guise de paiement puis composai le numéro du « type bien ». Il décrocha directement, je fus un peu surprise :

-Allo ? fis-je hésitante.

-Oui allo, j’attendais ton appel, répondit-il posément.

-Ah d’accord… Bon je suis déjà là, à la « shell Etoudi » comme tu me l’as indiqué.

-Patientes quelques minutes, j’arrive te chercher.

Et il raccrocha, ce qui me surprit une fois de plus car dans mon pays la politesse veut que ce soit celui qui a émis l’appel qui se charge de raccrocher une fois l’appel terminé.

Il avait une jolie voix suave et masculine, cela me fit sourire et me fit penser à un type avec qui j’avais eu deux rendez-vous qui avait une voix tout à fait insupportable à la limite du ridicule mais ça,  c’est une autre histoire que je ne raconterai pas dans cet épisode.

Je sentis une main sur mon épaule droite et me retournai, c’était le « type bien ». Je n’eus  pas de peine à le reconnaitre, la photo n’avait pas menti. Il était beau, très beau même. Et il était grand (Dieu seul sait à quel point j’aime les hommes grands !). Il me dit un « bonsoir » qu’il accompagna aussitôt d’une bise sur ma joue droite. J’eu ainsi l’occasion d’humer son parfum, qu’est-ce qu’il sentait bon ! Mentalement je me mis à remercier Gladys, pour une fois songeai-je, que le type qu’elle me présentait n’était pas un gugusse sorti d’une autre planète. Nous marchâmes lentement pendant quelque temps dans un silence total avant d’arriver devant un immeuble en carreaux rose pâle.

-C’est ici que j’habite, dit-il en s’arrêtant devant un portillon en fer.

Il l’ouvrit et m’invita à entrer. Le jardin était parfaitement entretenu, le concierge de cet immeuble devait faire un excellent travail. Une haie de fleurs conduisait à un petit hall qui venait visiblement d’être nettoyé. Ça sentait bon le détergent. Il passa devant moi et se mit à enjamber plusieurs lignées d’escaliers, je le suivis. Il s’arrêta au quatrième étage et ouvrit une porte où était marqué 911, j’arrivai à sa suite, presque haletante. Pour la deuxième fois de la journée, il m’invita à entrer.

Il habitait un joli appartement qui était décoré de manière très moderne. Il y avait beaucoup d’objets sculptés et de tableaux dont je ne comprenais pas le sens. Son appartement n’était pas très coloré, il avait choisi pour l’ensemble de son mobilier le blanc, le gris et le noir ce qui avait un effet très élégant, presque luxueux même. On était bien loin du vieux pavillon datant de l’époque colonial que j’habitais avec ma famille.

Je m’assis sur un fauteuil en cuir blanc et il s’assit face à moi. Il se décida enfin d’engager la conversation :

-Excuses moi Samantha, je suis peu bavard je le sais. Pour tout te dire je suis assez timide.

Cela me fit sourire, je craquai d’avantage pour lui quand il me dit cela. Le joli « type bien » était donc un grand timide.

-Ah, je n’ai même pas remarqué mentis-je en affichant un faux sourire pour détendre l’atmosphère.

Il y eut un bruit venant vraisemblablement de la cuisine. Il se leva et revint avec des rafraîchissements et un plateau de nems et de « pilis » (je ne connais pas le nom français de cet amuse-gueule tout ce que je sais c’est qu’il ressemblent assez aux samoussas).

Quand il se rassit, sa gêne du début avait disparu et nous parlâmes beaucoup, de tout et de rien. Il s’avérait être une personne très intéressante. J’appris donc qu’il vivait dans cet appartement avec son petit-frère dont il avait la charge depuis la mort de leurs parents il y a trois ans. J’appris également qu’il était ingénieur en informatique et travaillait parfois comme consultant dans de grandes entreprises de télécommunication (encore un informaticien, en tout cas celui-ci avait tout pour lui contrairement à Paul ahahahaha). Il avait 28 ans et avait dû rompre ses fiançailles il y a un an pour des raisons qu’il n’avait pas envie d’aborder lors de notre premier rendez-vous. Il pratiquait fréquemment le basket et préférait passer ses weekends  au calme dans son appartement au lieu de sortir comme tous les jeunes de nos âges. Décidément c’était vraiment un « type bien », pour une fois Gladys ne s’était pas trompée. J’étais si contente d’avoir fait connaissance avec lui (je m’imaginais meme déjà nos futurs enfants ahahahaha), c’était  quelqu’un d’intéressant bourré de qualités et Dieu qu’il était beau !

C’est le générique du journal de 19h30 qui me fit me rendre compte de l’heure qu’il était déjà et que j’étais là depuis à peu près quatre heures de temps.

-Oh là, il est déjà 19h30, je n’ai pas vu le temps passé, déclarai-je en regardant l’écran de télévision.

-Ah oui.

Je me levai, il fit de même et avança d’un pas. Il était vraiment beau, placé ainsi en face de moi j’avais l’air minuscule. Je fouillai mon portable dans mon sac et me rendis compte qu’il était éteint et que je n’avais pas mon portefeuille. Rapidement j’essayai de me refaire la scène de mon départ de la maison et je me rendis compte qu’après avoir retiré 400F CFA de mon portefeuille je ne l’avais pas remis dans mon sac mais l’avais oublié sur ma commode. Oh non ! Non, non, non, Noooooon ! Pourquoi ce genre de chose m’arrivait, pourquoi ? Comment est-ce j’allais faire pour prendre un taxi sans portefeuille et donc sans argent ? POURQUOI MOI ? Pourquoi ? Il se rendit compte de mon anxiété alors que nous nous dirigions vers la porte de son appartement.

-Qu’est-ce qui ne va pas Samantha, tu as un souci ? demanda-t-il l’air inquiet.

J’étais extrêmement gênée, je répondis néanmoins :

-Euh… Je viens de me rendre compte que j’ai oublié mon portefeuille chez moi, ce qui est assez gênant… Et donc je n’ai pas d’argent pour me payer un taxi.

Je le vis froncé les sourcils.

-Ah ok, ne t’inquiètes pas, je vais te donner de quoi prendre un taxi.

Je me sentis tout de suite soulagée, cependant j’étais quand même gênée. S’il est de coutume dans mon pays que lorsqu’une fille va rendre visite à un homme qui la courtise que l’homme en question lui donne un peu d’argent en guise d’indemnité de transport, il n’en demeure pas moins que je trouve cela extrêmement gênant d’avoir à demander qu’un homme paie pour mon transport, surtout quand je ne suis pas assez proche de l’homme en question.

Je le vis fouiller dans la poche arrière de son jean,  il me tendit une pièce de 100 F CFA. J’acceptai la pièce consternée. Il le remarqua et demanda :

-Qu’est-ce qu’il y a ?

-Euh, ce n’est pas tout à fait suffisant répondis-je en balbutiant. D’ici jusqu’à la cité-verte il faut au moins 500 francs en plus c’est le weekend et la nuit est déjà tombée.

Il ouvrit la porte de son appartement et me poussa délicatement vers l’extérieur. Il dit ensuite :

-Quand tu arrives au niveau de « shell Etoudi » tu prends la route à ta gauche, c’est le raccourci pour arriver plus rapidement dans ton quartier.

Sur ce, il referma la porte de son appartement. Je restai planter devant son appartement une bonne dizaine de minutes, interloquée. Il venait de me fermer la porte de chez lui sachant que je n’avais pas d’argent pour rentrer chez moi. Mais quel salaud il faisait ! C’était incroyable cette attitude. J’étais tout simplement sidérée.

Je descendis l’escalier et me retrouvai rapidement dans le vestibule désert puis hors de l’immeuble. Mon téléphone étaitéteint il m’était de ce fait impossible de faire signe à qui que ce soit. J’eu l’idée d’aller émettre un appel à un « call box » mais comme il menaçait de pleuvoir, tous les « call boxeurs » qui longeaient le trottoir étaient partis.

Je n’avais pas marché quinze minutes qu’il se mit à pleuvoir. La route était longue qui me menait à pied jusqu’à la Cité-verte.

Cela dit, qu’auriez-vous fait à ma place ?

PS : Rappelez-moi de ne plus jamais au grand jamais sortir avec (ni même d’aller à un rendez-vous) un homme habitant Etoudi.

 

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10 commentaires Ajouter un commentaire

  1. alexandra dit :

    hahahaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa la pièce de 100f

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  2. mady dit :

    une vraie mésaventure

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  3. Karl Nelson dit :

    Une vraie poisseuse!

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  4. yvette ayinda dit :

    Très intéressante l’histoire mais j’aurais adoré connaître sa véritable fin….je me suis Marré lorsqu’il t’a remis la pièce de 100frs et t’a claqué la porte sous le nez 😂😂😂😂😂😂..maintenant si j’étais sûre d’avoir assez d’argent chez moi j’aurais pris un dépôt et une fois chez moi j’aurais réglé le compte de ce salaud et pourquoi pas me prendre la tête avec Gladys..lolll…..bravo

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    1. missjemenfoue dit :

      ah wi bonne solution.. Samantha n’avait pas pensé à cela ahahaha

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  5. Jennifer dit :

    Samantha là est vraiment poisseuse… qu’elle aille se laver au village 😂😂😂

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    1. missjemenfoue dit :

      Lol aha hahaha n’est ce pas…

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  6. Yvannick dit :

    Mon ami il fallait marcher 😹😹😹😹

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    1. missjemenfoue dit :

      Ahahahah je crois bien que c’est ce qu’elle a fait…

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