Episode 6 : Après la pluie vient le beau temps… ou pas

Tout récemment, j’ai commencé un stage dans une grande entreprise de communication et je dois vous dire que j’étais  plus qu’excitée à l’idée de faire ce stage dont la durée arrêtée est de trois mois. Je n’avais pas eu de nouvelles de Michel depuis mercredi passé et c’était bien comme ça. En plus de gérer ma poisse habituelle, je devais également me donner à fond  pour mes semaines de stage à venir donc vous comprendrez que je n’avais pas du tout envie de penser d’avantage à Michel. Mais vous le savez surement il y a très souvent un fossé entre ce qu’on souhaite faire/doit faire et ce qu’on fait vraiment. Car la vérité est que ma dernière conversation avec lui ne cessait de me hanter. J’avais dit à Gladys ne pas vouloir écouter une quelconque explication de la part de Michel mais après coup cette conversation n’avait fait que me troubler. Pendant un peu plus de 07 mois je m’étais demandée pourquoi les choses s’étaient-elles ainsi passées entre nous et aujourd’hui il se proposait d’apporter une réponse à cette question mais j’avais refusé d’écouter. Peut-être que je n’étais tout simplement pas prête à écouter la vérité, sa vérité.

Quoiqu’il en soit après cinq jours de stage, j’étais contente de n’avoir pour seul programme de ne rien faire, rester là tranquille dans le canapé à regarder Being Mary Jane dans mon ordinateur en mangeant des chips (du moins la version camerounaise faite de banane-plantain). Et j’allais vraiment profiter de mon week-end puisque toute ma famille était partie passer  trois jours au village, j’avais donc la maison pour moi toute seule, la télévision, mon ordinateur, des chips, le vin blanc de papa et surtout mon cher et tendre canapé. Je m’extasiais de flemmarder lorsque mon téléphone vibra, je venais de recevoir un message. Il venait de Georges (Georges vous vous rappelez dans l’épisode « la chaussure », le type avec qui je n’avais pas cessé de flirter mais qui comme trois autres personnes ce soir-là avait été victime de l’odeur de mes pieds). Ce Georges-là venait donc de m’écrire.

« – Hey Sam. Ça fait un bail. Comment vas-tu ? »

J’avais répondu instantanément :

« -Hello Georges. Ça fait vraiment un bail. Je vais bien et toi ? »

La conversation avait ainsi continué dans de simples civilités puis nous nous étions mis à parler de la pluie et du beau temps et ainsi de suite je m’étais retrouvée avec une invitation au « cercle » le nouvel endroit tendance du moment. Le cercle se voulait un lieu huppé dans une ambiance très lounge  de bar à l’européenne. Quand j’arrivai, Georges m’indiqua de monter à l’étage où il était à une table sur le balcon. J’avais chaussé des sandales à talons cloutées (mes préférées) un jean, un débardeur et mon perfecto adoré. Je lui fis la bise et m’assis en face de lui. L’ambiance était plutôt bonne et, puisque nous étions samedi, c’était plus ou moins bondé. Du balcon, je voyais au bas un danseur masqué qui effectuait un ballet à mi-chemin entre la danse de rue et la danse contemporaine. Georges portait une chemise blanche dont il avait plié les manches. J’étais un peu gênée à vrai dire car non seulement c’était la première fois que nous nous retrouvions rien qu’à deux mais aussi et surtout la dernière fois qu’on s’était vu il devait être resté avec l’image de « Samantha aux pieds qui puent ». J’écrivis  rapidement un message à Gladys pour lui dire que j’étais avec Georges au « Cercle », elle ne répondit pas.

-C’est plutôt cool ici fis-je, j’aime bien l’ambiance.

-Ouais répondis Georges en regardant vers le bas.

Le danseur masqué avait terminé sa prestation et avait été remplacé par un autre, lui aussi masqué. En fond sonore, le dj faisait des mix de rock alternatif et de new age. Georges fit signe à une serveuse qui apporta la carte. Nous étions samedi soir, j’avais bien le droit de prendre un ou deux verres de vin blanc n’est-ce pas ? Je commandai donc un verre de vin blanc et lui prit un coca.

Georges, à ma grande surprise n’était pas très bavard. Si d’habitude il se montrait plus loquace, ce soir-là il me semblait qu’il était presque aphone. Quand la serveuse revint avec nos commandes, je lui demandai d’amener un second verre de vin, celui-là serait pour Georges. Tandis qu’en silence nous regardions vers le bas le spectacle de danse je me demandai ce que le propriétaire ferait pendant la saison des pluies puisque le lieu était constitué de salons en terrasse à l’air libre. Inconsciemment je soulevai les épaules et fini mon verre lorsque la serveuse apporta celui de Georges. J’en commandai un deuxième pour moi.

-Tu ne manges pas ? Demanda celui-ci alors que la serveuse quittait notre table.

« Non » fis-je de la tête pourtant mon estomac criait famine comme ce jamais. Je suis probablement la seule fille sur la terre à ne pas vouloir manger devant un garçon qui lui plait, allez savoir pourquoi moi-même je me pose la même question.

-Et toi, tu ne manges pas ? lui demandai-je à mon tour.

-Oh non, dit-il, je n’ai pas faim j’ai assez mangé de la journée. Tu m’as dit que tu fais un stage en ce moment c’est ça ? Ça se passe bien ?

Il venait d’avaler deux gorgées de vin et je le sentais déjà un peu plus détendu. Tant mieux pensai-je à ce moment.

-Mmmmm commençai-je avant de déclarer : pour l’instant je dois avouer que je ne fais pas grand-chose mais je crois qu’on me confiera plus de responsabilités les semaines à venir.

Il leva un sourcil, l’air perplexe avant de terminer son verre de vin. Quand la serveuse m’apporta enfin mon deuxième verre (l’endroit se remplissait de plus en plus et celle-ci devait avoir d’avantage de tables à servir) Georges lui demanda d’apporter une bouteille. Mon ventre continuait de crier famine et je commençais à avoir chaud. J’ôtai donc mon perfecto.

-Sinon tu ne m’as jamais dit pourquoi tu es célibataire.

Je grimaçai en pensant à l’histoire avec Michel, dire que je passais un bon moment et que j’avais fait plus de deux heures sans penser à lui…

-Disons que… (je ne savais pas vraiment par où commencer) disons que c’est une histoire banale de rupture entre deux personnes…

-Mais encore..? Questionna-t-il en se servant un verre.

-C’est une longue histoire, je ne sais même pas par où commencer fis-je en jetant un coup d’œil vers le bas.

Un couple s’amourachait dans un canapé. Les prestations des danseurs s’étaient visiblement achevées.  Une serveuse était montée sur la scène qui était faite d’une petite estrade et avait annoncé que c’était soirée scène libre.

-Eh bien commence par le début, lança-t-il avec un sourire espiègle.

Je fis l’hésitante avant de me lancer dans le récit. Je lui racontai donc toute l’histoire avec Michel, de sa genèse jusqu’à sa fin en essayant de n’omettre aucun détail. J’allai même jusqu’à lui raconter ma dernière conversation avec lui, mon refus d’écouter ce qu’il avait à me dire et  la frustration et l’incompréhension qui m’habitaient depuis.

-Et tu es sure ne pas vouloir entendre ce qu’il a à te dire ? Je veux dire tu es restée dans le flou pendant longtemps, il serait peut être bon pour toi de savoir pourquoi il a agi de la sorte.

Je restai muette un instant avant d’objecter :

-Oui mais pourquoi il lui a fallu un an avant qu’il ne se rende compte que j’avais droit à des explications ?

-Justement, fit Georges d’un ton paternel, tu vois toutes ces questions que tu te poses, il n’y a que lui qui peut y répondre.

Je restai pensive. Un ange passa. Il recommençait à faire frais mais je n’avais pas envie de porter à nouveau mon perfecto. La scène venait d’être investie par un homme qui déclamait un slam,  j’entendais les mots s’échapper de son micro sans vraiment y prêter attention. Il devait être en train de parler  de paix dans le monde ou de quelque chose dans ce genre.

-Finalement je crois que je vais manger, l’alcool ça creuse, déclara Georges en rompant le silence qui s’était installé à notre table.

-Moi aussi fis-je décomplexée.

Nous commandâmes une grande pizza savoyarde et ne fumes pas déçus, elle était vraiment très bonne. L’alcool aidant, Georges était devenu définitivement très loquace et je dois avouer qu’il avait de la conversation et était de bonne compagnie. Ce n’est que quand nous eûmes fini la bouteille de vin ou mieux quand il se fut servi le dernier verre que je me rendis compte que nous avions déjà passés trois heures et quelques ensemble. Le « Cercle » ne désemplissait pas. Il était 23 heures et la nuit était encore jeune. Georges fit signe à la serveuse qui apporta l’addition. J’enfilai mon perfecto et nous nous levâmes de table. Nous traversâmes trois restaurants avant d’arriver sur la route. Quelques voitures roulaient à vive allure sur la route libre.

– Avec des amis on va continuer la soirée en boite. Si ça te dit tu peux te joindre à nous.

Après tout ce vin que j’avais ingurgité je me sentais déjà un peu pompette, passer la nuit en boite de nuit n’allait pas arranger les choses d’autant plus que je n’avais pas spécialement envie de danser. Je déclinai poliment l’invitation en prétextant être trop fatiguée. Georges, en gentleman qu’il était stoppa un taxi et me raccompagna jusqu’à chez moi. Dans le taxi, tout en songeant aux conseils de Georges et à toutes les interrogations que j’avais, je décidai alors d’écrire un message à Michel via la messagerie de facebook. « Il faut qu’on parle » lui écrivis-je sans toute autre forme de procès. Sa réponse fut instantanée « Oui, moi aussi je pense ».

Le trajet en taxi fut court, j’avais passé une agréable soirée et espérais en passer encore d’autres  en compagnie de Georges. Quand nous arrivâmes devant ma maison, je constatai qu’il y avait de la lumière dans le séjour :

-Tiens c’est bizarre dis-je à Georges inquiète, je suis sure d’avoir éteint toutes les lumières en sortant.

Georges passa devant moi me laissant profiter de sa plastique avantageuse :

-Reste derrière moi fit celui-ci avec autorité.

Il s’avança vers la porte, en saisit la poignée et l’ouvrit, puis se retourna vers moi en me lançant un regard qui voulait dire « As-tu fermé la porte de ta maison en sortant ? » et je lui rendis un regard terrifié qui voulait dire « La porte était fermée, je ne comprends pas pourquoi elle est ouverte ». Ma famille ne devait rentrer que dans deux jours et s’ils étaient rentrés plus tôt, ils m’auraient certainement prévenu de leur arrivée. Mon cœur se mit à battre, j’avais peur de ce qu’on allait découvrir en pénétrant dans la maison.

 

A suivre…

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5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Dzou Gérald dit :

    Wumela petite sœur, j’adore ton style d’écriture. Je ne suis pas un grand lecteur d’habitude mais la,à chaque fois je me retrouve captivé par tes textes.

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    1. missjemenfoue dit :

      Merciii😍😍😍😍

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  2. Anna S. Kedi dit :

    Découverte via Lisa. Très belle écriture. Hâte de lire l’épisode 7

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    1. missjemenfoue dit :

      Merci ma belle. Je publierai très prochainement. Des bisous😚

      Aimé par 1 personne

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