Episode 7 : La confrontation

En entrant dans le vestibule, Georges m’avait sommé de ne pas le suivre mais à peine était-il entré que j’étais déjà à sa suite. Mon cœur battait fort et je priais que qui que ce soit qui ait pénétré dans la maison durant mon absence, que cette personne soit déjà partie. On arriva au salon, rien ne semblait avoir bougé : la télévision, les bibelots, l’horloge. Tout était comme j’avais laissé. Peut-être était-ce donc dans les chambres que le ou les cambrioleurs avaient opéré. Un bruit, en provenance de la cuisine attira notre attention, d’autant plus que la lumière y était allumée. Le bruit se répéta. Nous faisions le maximum pour que notre visiteur ne se rende pas compte de notre présence. Georges se faufila discrètement dans la cuisine, je restai sur le seuil de la porte. La porte du réfrigérateur était ouverte, l’intrus était en train de le fouiller. La peur que j’avais dans le ventre se multiplia tandis que je pensais qu’il s’agissait probablement d’un sdf qui cherchait quelque chose à se mettre sous la dent. Tandis que Georges se saisit du pilon à l’angle de la pièce, l’intrus se redressa et je sentis un choc dans ma poitrine à ce moment-là. L’air de rien, il déclara :

-Comment se fait-il qu’il n’y ait rien d’autre que de l’eau dans ton frigo ?

Georges tenait le pilon d’une manière qui était supposée dissuader l’intrus de rester dans la pièce.

Avec un air de défis, l’intrus dit en s’adressant à moi :

-Peux-tu s’il te plait dire à ton sbire de se calmer ?

Il referma la porte du réfrigérateur. Georges, incrédule, se retourna vers moi l’air de se questionner. Je lui dis :

-C’est bon tu peux partir, je le connais.

Georges resta immobile quelques secondes avant de déposer le pilon où il l’avait pris et de me chuchoter, l’air inquiet :

-Tu es sure que ça ira ?

Je fis oui de la tête et il disparut dans le vestibule. J’entendis la porte d’entrée claquer. Je sortis de la cuisine, il se mit à ma suite . Je restai debout et croisai les bras sur ma poitrine.

-Qu’est-ce que tu fais chez moi à minuit ?

Il but une gorgée de la bouteille d’eau qu’il avait prise dans le réfrigérateur.

-Il fallait qu’on parle. Quand j’ai reçu ton message j’étais déjà sur le seuil de ta porte, j’ai toqué mais personne n’a ouvert.

-Et comment tu as fait pour entrer ?

-Cacher les clés sous le paillasson ce n’est pas très malin, dit-il en me traversant et en se dirigeant vers le salon où il s’assit dans le canapé.

-Je t’en prie fais comme chez toi, fis-je d’un ton sarcastique.

Michel déposa la bouteille d’eau sur la table basse et se mit à tripoter le bracelet qu’il portait. Je m’étais assise en face de lui et attendais qu’il prenne la parole. C’est bien lui qui était arrivé chez moi à l’improviste à minuit et qui avait eu l’indécence de pénétrer et de fouiller le frigo. Cependant, seul l’horloge émettait des bruits, on pouvait presque s’entendre penser tellement c’était calme.

-Tu vas finir par me dire ce que tu as à dire ou bien tu as l’intention de tripoter ton joujou toute la soirée ? Fis-je finalement impatiente.

Il arrêta un moment puis recommença. C’était un tic nerveux, il le faisait surement pour se donner une contenance. Je n’en pouvais plus d’attendre comme ça dans le silence à ne rien faire, je pris donc la télécommande sur la table et appuyai sur le bouton « on/off ». Des images se mirent à défiler sur l’écran. J’y portai mon attention tandis que Michel continuait à faire son timorée.

Une bonne dizaine de minutes plus tard, alors que je m’apprêtais à changer de chaine de télé, il commença enfin :

-Samy tout d’abord je tiens à te présenter des excuses pour tout ce qui s’est passé entre nous…

Je décrochai mon regard de la télévision et me mis à le fixer avec attention.

-Je n’aurais pas dû te traiter de la sorte, tu méritais mieux… Cette façon dont j’ai mis un terme à notre relation, c’était vraiment lâche de ma part…

Il avait cessé de tripoter son bracelet, maintenant il essayait de me regarder dans les yeux mais détournait le regard après chaque tentative pour le poser au sol, à la manière d’un enfant qui est réprimandé par ses parents.

-Voilà, je suis sincèrement désolé de t’avoir traitée d’une manière si « impersonnelle » et j’espère qu’un jour tu me pardonneras et que nous pourrons à nouveau être amis.

Tout ce qu’il venait de dire pour s’excuser n’expliquait en rien pourquoi il avait fait cela. Il s’excusait oui mais il ne donnait pas les raisons de ce comportement, ce qui l’avait amené à agir de la sorte. La question restait pendante dans mon esprit et plus que jamais j’avais besoin de savoir.

Quand on a longtemps été en couple avec quelqu’un on sait interpréter ses gestes, ses mimiques et même ses silences. Et là, mon silence il voulait dire « Mais encore ? », tout ce qu’il avait dit quelques secondes plus tôt méritait d’être complété. Il continua donc :

-La vérité c’est que…

La sonnerie de mon téléphone l’interrompit et mit tout en suspens.  Je regardai, l’écran, c’était Georges qui appelait. Je laissai sonner et, aussitôt que le téléphone finit de chanter, il recommença dans la même veine. A la troisième sonnerie, je décidai de décrocher :

« – Allo ? Fis-je

-Oui allo Sam, tu vas bien ? Je m’inquiétais un peu avec cet homme qui est arrivé chez toi à l’improviste.

-Je vais bien merci de t’inquiéter mais je te l’ai dit tu n’as pas de soucis à te faire fis-je un peu agacée, je le connais ne t’inquiète pas.

-D’accord passes une belle nuit, me souhaita-t-il.

-Amuse-toi bien, fis-je à mon tour. »

Il raccrocha et je rangeai mon téléphone dans la poche de mon jean.

Michel avait recommencé à tripoter son bracelet, il but une gorgée d’eau avant de déclarer :

-Il doit sacrément tenir à toi einh…

Je lui jetai un regard glacial avant de dire :

-Je t’écoute, pas la peine de changer de sujet.

Il y eut un long moment de silence avant qu’il ne déclare :

-La vérité c’est que… toi et moi avions toujours été ensemble, tu étais ma première relation et j’ai eu peur de passer à côté de quelque chose…

Il cherchait les mots justes, il bafouilla un peu avant d’ajouter :

-A un moment donné j’ai eu peur que si nous continuions comme ça toi et moi, sans jamais avoir vécu d’autres expériences nous le regretterions plus tard…

A ce moment, je l’interrompis :

-Du coup tu as choisi la plus belle façon de procéder, disparaitre sans prévenir, ne plus faire signe, aller voir ailleurs certainement et un jour après plusieurs mois de silence m’écrire un « je suis désolé je ne peux plus être avec toi ».

Il fit comme si je n’avais rien dit et continua :

-Et c’est ce que je voulais éviter, de vivre avec des regrets.

 

Cette dernière phrase résonna longtemps dans ma tête, comme un écho. Je me levai, dépitée, il n’était pas question que je reste en sa compagnie une seconde de plus. Il était déjà 01h03. La voix brisée, je déclarai :

-J’espère alors que tu n’as aucun regret, rentre chez toi Michel.

 

Il ne tenta pas d’objecter et se leva avant de me traverser. Quelques secondes plus tard, j’entendis la porte d’entrée se refermer. Je me retournai enfin et allai verrouiller. Tandis que je me dirigeais vers le canapé, la dernière phrase qu’avait prononcée Michel ne faisait que se répéter dans ma tête.

Dans les moments pareils, j’avais besoin de deux choses : du vin blanc et de Being Mary Jane.

A ma grande surprise je m’endormis assez vite et eu même un sommeil assez paisible. C’est le vibreur de mon téléphone qui était resté dans ma poche qui me réveilla. C’était Gladys qui m’appelait. Je décrochai, la tête un peu dans les nuages :

-Allo ? Fis-je en baillant.

-Oui allo Sam, tu as appris la nouvelle ? Fit Gladys sous un ton paniqué.

-Non, quelle nouvelle ? demandai-je.

-Parait que Michel a eu un accident, il est aux urgences de l’hôpital général en ce moment.

 

J’eu un choc et me redressai sur le siège, cette phrase venait de me faire sortir de ma torpeur. Oh Seigneur qu’avais-je fait… ?

 

 

A suivre…

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Géraldine dit :

    Première à lire. Pauvre Michel j’espère que ce n’est rien de grave. Vivement la suite

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    1. Jennifer dit :

      Pauvre Michel?! Il n’a que ce qu’il mérite je dirais… il aurait pu éviter tout cela.
      Et puis Samantha là même eihn… elle a appuyer sur déranger. Comment peut-elle chasser un gars déboussolé à 1h03 du matin?!
      Attendons de voir la suite des événements.

      J'aime

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