La nécessité de s’accrocher à quelque chose

Mon rapport à la prière n’a jamais été aussi fragile que ces derniers temps. De toute ma vie je n’ai jamais été aussi éloignée de la prière. Ma vision du bien et du mal n’a pas changé, mes principes moraux sont les mêmes, mes valeurs sont les mêmes mais il y a une relation privilégiée avec le Seigneur qui existe désormais très peu. Qui n’existe pratiquement plus. La relation avec le Seigneur, je ne la conçois pas autrement qu’à travers le canal de la prière. Du moins j’estime que c’est le principal canal, le plus efficace. C’est une manière privilégiée de communiquer avec le Seigneur. Ce n’est pas que la foi s’est éteinte, mais il y a la flamme entretenue par la prière qui baisse, le feu brûle d’une intensité moins forte. Avant que vous ne vous imaginiez des choses je vous dis d’ores et déjà ceci, il ne s’agit pas ici d’une transition vers l’athéisme, j’ai eu envie d’écrire sur la nécessité de trouver quelque chose sur quoi s’accrocher et pour des raisons qui seront expliquées plus bas mon rapport avec la prière est apparu comme étant le nécessaire propos liminaire. J’ai eu l’habitude de le dire la vie est un tel miracle que je ne puis douter de l’existence d’un être supérieur. Je ne puis douter de l’existence d’un Etre supérieur ce d’autant plus que j’estime qu’il y a des choses qui dépassent l’entendement humain, des choses que seul le Supérieur pourrait expliquer, des infinités plus grandes que d’autres (je vois déjà les athées faire la grimace et me ranger du côté des superstitieux, de ceux qui refusent de réfléchir pour expliquer les phénomènes de la vie, je vous vois sourire, j’aurais eu votre posture que j’aurais moi aussi souri mais je n’ai pas votre posture, je suis croyante). Je pense avoir beaucoup disgressé, restons concentrés. Je disais donc ceci, plus tôt en journée, lorsque je me suis lancée dans l’écriture de ce texte, j’avais dans l’idée de parler de la nécessité de s’accrocher, coûte que coûte , de s’accrocher à quelque chose et j’ai pensé à la prière. J’ai pensé à la prière car elle a toujours été très thérapeutique pour moi, à bien des égards elle m’a été salvatrice. Vous savez, lorsque vous avez un problème il suffit parfois de parler à quelqu’un pour aller mieux, c’est un pas vers la guérison. C’est la thérapie par la parole, la forme la plus primaire de toutes les thérapies. Eh bien c’était pareil avec la prière. Je me rappelle il y a quelques années, alors que je vivais une période assez délicate, j’avais décidé de dire les maux à Dieu: une nouvelle relation était née. Auparavant, ma relation avec le Seigneur se bornait à deux choses: lui demander des grâces et le remercier pour les grâces qu’il m’accordait. Mais lorsque j’ai décidé de lui parler, de lui parler autrement, il est également devenu une sorte de confident. Je parlais et il écoutait, je n’avais besoin que de ça. D’une oreille attentive, il était l’oreille attentive. Il ne l’est plus, quelque chose s’est brisé, ça vient très certainement de moi, nous ne communiquons plus. Plus assez du moins. Le rapport se refera certainement, la relation se rétablira, les choses reviendront à l’ordre je le sais du moins je l’espère mais en attendant, j’ai désespérément besoin de m’accrocher à quelque chose. Quelque chose, n’importe quoi.

J’ai toujours eu avec mon blog un rapport privilégié, j’ai eu l’habitude de le dire « mon blog c’est mon bébé ». Puisque je m’étais éloignée de la prière et par ricochet de mon confident, j’avais comme qui dirait jeté mon dévolu sur mon blog. Je voulais que tout y soit parfait, je voulais  absolument respecter un agenda de publication strict et il y avait toujours un imprévu, des photos qui n’étaient pas encore prêtes, les choses qui mettaient plus de temps pour se mettre en place, les rendez-vous manqués et ça m’agaçait plus que ça n’aurait du m’agacer. Je m’énervais parce que le rendu était souvent assez éloigné de mes espérances, je m’énervais parce que j’avais décidé de trop m’y accrocher. La vérité c’est que je n’avais pas eu de choix, il fallait que je m’accroche à quelque chose, je m’étais accrochée à mon blog. Ca n’a pas marché. Il fallait que je me raconte, je ne me racontais plus à Dieu, il fallait donc trouver un substitut. Mon blog, ou du moins mon blog tel que j’en faisais l’utilisation n’était pas le substitut idéal. Je devais trouver autre chose.

Je le dis et le répète tous les jours, et ceux qui me connaissent ou qui me suivent au travers des réseaux sociaux le savent déjà: j’ai avec l’écriture une relation tellement fusionnelle qu’elle apparaît comme un impératif. C’est simple, au delà du plaisir de verser les mots et les maux, de créer des vies, de faire vivre des humanités, au delà de ce plaisir, l’écriture surpasse l’envie et s’impose comme un besoin. Je dois écrire. Je n’ai pas le choix. Ayant partiellement rompu avec la prière, le besoin de trouver un autre confident s’est fait très fort. Alors, puisqu’il faut s’accrocher à quelque chose, puisqu’il faut nécessairement s’accrocher à quelque chose, alors j’écris. Différemment. J’écris comme je me suis toujours refusée d’écrire. J’écris des textes qui me font plaisir aux sens, j’écris également des textes très impudiques, des textes qui décrivent le sale, le dégueulasse, le sang et la mort. Des textes désespérément égocentriques. Des textes que je ne partagerai certainement pas, tout simplement parce que je suis exagérément pudique au sujet de certaines choses, ou parce que je trouve que ce n’est pas encore le moment opportun pour les partager, ou bien parce que entre ce que je dis et ce que les gens comprennent, il y a parfois un très grand fossé et il y a certaines choses au sujet desquelles je n’aimerai pas être mal comprise. Toujours est-il que j’ai la certitude qu’un jour je devrai rendre des comptes au Supérieur, lui expliquer la raison de l’éloignement et me réconcilier avec la prière. Communiquer à nouveau avec mon confident, je ne peux pas l’éviter éternellement. Il va m’en falloir plus. Il y a une dimension infiniment spirituelle qu’il va me falloir, écrire ne suffira plus. Mais pour l’instant, plus que jamais j’écris un je tellement vrai, un je que je suis allée fouiller très loin, un je si vrai qu’il me fait parfois peur. J’écris un je d’une parfaite nudité. Et je m’accroche à l’écriture. Pour se maintenir en vie on a tous, à certains moments, besoin de s’accrocher à quelque chose, accrochez-vous à quelque chose.

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11 commentaires Ajouter un commentaire

  1. sabrina dit :

    Hello,
    Ton article m’a beaucoup interpellé. Je suis moi même un disciple de Jésus. Et le fait que tu t’es éloigné de la prière m’interpelle. La prière est notre respiration, il ne viendrait à l’idée de personne d’arrêté de respirer. Ce que je veux dire c’est qu’il arrive toujours des moments où on éprouve une baisse, où on n’a pas envie, mais c’est dans ces moment là qu’il faut persévérer. Ne te prive pas de la présence de Dieu, parce que tu n’arrive plus ou parce que tu as l’impression de….La prière est la respiration de ton esprit si tu ne prie plus ton esprit va s’asphyxier et ta chair reprendra le dessus. Je veux par ces quelques mot t’encourager à ne pas baisser les bras. La prière est une arme, si tu ne peux plus te défendre cela risque d’être difficile par la suite. Alors ne te résigne pas, ne dit pas que tu n’y arrives pas, car lorsque nous sommes faible c’est alors que nous sommes fort en Jésus. God bless U

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    1. missjemenfoue dit :

      C’est précisément lorsqu’on est faible qu’on est fort.
      Merci pour tes encouragements,
      Des bisous 😘

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  2. Doriane chapuis dit :

    J’aime beaucoup ton article ma belle j’ai pris le temps de le lire beaucoup d’encour

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    1. missjemenfoue dit :

      Merci beaucoup ❤️😘

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  3. Georges dit :

    Très inspirant tu m’as aidé en plus du conseil à entrevoir une autre facette de la passion pour la prose et ça me touche énormément. S’agissant de ton constat, il est le premier pas et le plus important à mon avis de la réconciliation avec DIEU. Parce qu’il tend la main à ceux qui reviennent vers lui et lorsqu’en plus de cela, il y a une contrition sincère la symbiose qui résulte de la réconciliation n’en sera que plus solide. Stay blessed

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    1. missjemenfoue dit :

      Merci pour ton commentaire Georges❤️

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  4. Georges dit :

    J’aimerais également pouvoir animer un blog. Quels conseils pourraient tu me donner??

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    1. missjemenfoue dit :

      Rien de très compliqué. Tu vas sur WordPress et tu choisis de créer un blog. C’est assez simple à manipuler et tu auras une palette de plusieurs possibilités pour le design.
      Bien à toi.

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  5. Maeva Rbt dit :

    Coucou. Beau témoignage. Je suis moi-même croyante mais non pratiquante. Personnellement je trouve que prier est une action en quelque sorte « facultative » entre gros guillemets. Y croire chaque jours est le plus important pour moi ☺️
    Merci à toi pour ce bel article. Ta photo est canon ! Douce soirée.

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    1. missjemenfoue dit :

      Mais prier c’est communiquer. Et communiquer c’est le socle de la relation…

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